Sans conteste, le film le plus applaudi a été celui consacré à Arno : Parade nuptiale ( © Moteur s'il vous plaît ) réalisé par Emma Perret. Très fidèle à la personnalité (au moins apparente) du chanteur, le film raconte la naissance d’un amour pour Paul, assistant dentaire dans une clinique et passionné d'oiseaux. Il n'y a pas plus bavard (avec l'accent flamand) que lui concernant les perdrix et les grues cendrées, mais ce n'est pas du goût du service des ressources humaines qui pense que Paul importune les patients. D'ailleurs, on lui suggère de se trouver une compagne pour partager cette passion dévorante…
La réalisatrice qui aime tourner avec des « gueules » et des animaux (voir son précédent opus, Tout est bon dans le cochon avec Serge Riaboukine), explore les âmes et la société avec un déphasage très particulier qui seyait à ravir au rocailleux et décalé Arno, déjà comédien étonnant d’un long métrage sorti en 2007 : Komma de Martine Doyen et dans un second à sortir le 5 mars 2008 : J’ai toujours rêvé d'être un gangster de Samuel Benchetrit au côté d’Anna Mouglalis, Edouard Baer, Jean Rochefort, et… Alain Bashung !


Chang Juan est le second film ( © Kazak productions ) à se détacher de la Collection. Il est réalisé par Claudine Natkins, chef-opératrice de formation, elle élabore savamment des ambiances visuelles très marquée par les cadres et la lumière. Entre nuit et déambulations, Alain Chamfort doit nettoyer la ville de ses petits malfrats. Ce rôle à contre-pied total pour notre manurêveur est pourtant à peine surprenant tant le chanteur joue bien. Il endosse ce rôle sans sourciller et lorsqu’il lui prend de casser les membres de ses « ennemis », c’est toute la salle qui sursaute, il faut dire que le mixeur n’y est pas allé de main morte sur le son à ce moment là, Mais on y croit tout autant qu’à la passion qui l’assaille pour la belle Chang Juan (Maï Anh Le). On se demande tout de même si l’un des tubes du chanteur n’a pas inspiré la réalisatrice : Tous les silences de Bambou hurlent dans ma tête et me rendent fou tant cette phrase pourrait faire partie du synopsis du film.

Celui de Katia Leibowitz avec Benjamin Biolay qui s’avère être lui aussi un très bon comédien, en tout cas dans une veine naturaliste. Malheureusement, le scénario de C'est pour quand? ( © LGM ) souffre d’une maladresse d’écriture qui lui est vraiment nuisible puisque le personnage féminin (Valérie Donzelli) qui exerce un pouvoir d’attraction implacable lors de la première scène du film sur notre chanteur, ici, célibataire endurci, reste inexistant pendant tout le déroulement du film. On passe un bon moment mais à côté de l’intention, dommage !

 

Demain peut-être de Guilhem Amesland ( © Caïmans productions ) avec Oxmo Puccino dont le mixage est totalement flingué. Rien de pire pour un film sur un chanteur dont la voix a voulu être utilisée pour un potentiel particulier à travers une voix-off très (trop) écrite.

La consultation de Frédérick Vin ( © Hurrican production ) reste lisse, comme la peau de Jeanne Cherhal dans ce film qui se voudrait sensuel, charnel, coquin. Construit comme un bon court métrage d’école avec son climax et sa chute le film fait un peu ni chaud ni froid

Quant à La pomme de Newton de Vincent Vizioz ( © 4 A 4 productions ) avec Mathieu Boogaerts, le film donne à voir les petits pieds agiles de notre chanteur, d’habitude dans la lune et cette fois dans les arbres. C’est une jolie histoire qui aurait gagné à être traitée avec plus de légèreté, ou d’apesanteur. Ici ni pomme, ni Adam, ni chute. Rien que la frimousse soucieuse d’un apprenti comédien qui s’applique et parvient parfois à puiser de la justesse dans sa sensibilité. Pas facile, surtout si hautement perché ! Il y a là quelque chose de la performance à saluer…

Si vous êtes fan de Sheila, regardez La Dinde d'Anna Margarita Albelo ( © Local Films ) sinon, faite une pause !

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Là où je pense de Bénédicte Portal ( © 5ème planète ), comédie trop distendue (peut-être d’ailleurs à cause du charisme de Rachid Taha, « que l’on ne peut pas gommer » comme le dit la réalisatrice dans le making-off) ennuie beaucoup. On ne croit pas vraiment à la situation, les personnages sont découpés à gros traits, la chute est pesante et de fait, le propos visé, un regard sur la mondialisation depuis un petit café-chicha de banlieue, part en fumée.


De retour de Clermont-Ferrand – 30ème anniversaire du Festival international du court métrage 2008.

Le court métrage ne finit pas de surprendre.
On y trouve toujours autant de graine de talents, une diversité réjouissante et pleine de promesses qui, on le sait, ne pourront pas toujours être tenues tant le champ de liberté des auteurs se réduit à mesure que les films, eux, s’allongent.

Tout au long de sa carrière, Jacques Tati a milité pour que le court métrage puisse devenir le terrain d’expérimentations qu’il est aujourd’hui. En 1980, Jean-Luc Godard, soufflait le cri de guerre de l’association qui organise le Festival de Clermont : "Sauve qui peut le court métrage". Cette année, plus de 120 000 spectateurs ont assisté pendant 10 jours aux programmations françaises, internationales et labos. Ces compétitions donnent la pulsation de nos sociétés et posent le germe d’un - encore possible - cinéma pour demain. Cette audience forte est le signe probant d’un goût affirmé pour l’audace et la créativité. Peut-être ne faudrait-il pas oublier de chercher à en imposer la pérennité, on ne sait jamais…par les temps qui courent !
Courez voir, si vous croisez sur votre route, Les miettes de Pierre Pinaud, Erémia érémia d’Olivier Broudeur et Anthony Quéméré, Qui c’est qu’à tué Jimmy Hendrix de Thierry Charrier, C’est dimanche ! de Samuel Guesmi, Le jour de gloire de Bruno Collet, Résistance aux tremblements d’Olivier Hems, Le vacant de Julien Guetta
Cet échantillon de films choisis de manière arbitraire parmi la compétition française, incarne bien la capacité des jeunes auteurs à construire des univers forts, tant par la fiction que par l’animation. On a ici un panel de sujets allant de la délocalisation à l’amour filial en passant par la relation à la nature dans un monde carnassier ou la résistance individuelle face à des desseins collectifs. Souvent traités en sous texte ou avec une poésie toute personnelle, ces sujets trouvent une force qui ne peut laisser indifférent. La contrainte de la durée prescrit une imagination accrue et un tissage solide des fils narratifs. Peu de place à l’erreur, le public est sans pitié et il n’est pas rare que certains films se fassent huer…

Plus cléments peut-être, les spectateurs de la présentation de la Collection Canal + (qui sera rediffusée sur canal + décalé le mardi 12/02 à 2h00 et sur canal + cinéma le 24/02/2008 à 16h00)
Chaque année, la chaîne lance lors du festival de Cannes un appel d’offre thématique et assure la réalisation d’une série de courts métrages d’une dizaine de minutes. Ecrire pour un chanteur a donné naissance à huit courts métrages réalisés en 2007 en un temps record. En effet, les chanteurs ont choisi parmi les scénarios présélectionnés (280 candidats au total) celui auquel ils allaient participer. Ainsi, Arno, Benjamin Biolay, Mathieu Boogaerts, Alain Chamfort, Jeanne Cherhal, Oxmo Puccino, Sheila, Rachid Taha ont donné leur accord sur scénario à de jeunes auteurs accompagnés de producteurs eux aussi souvent dans leurs premières années d’activité.

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